Église Saint Pantaléon


ocms_1320621896879XIIe – XIVe siècles

Le clocher est l’unique vestige d’une basilique élevée à l’instigation du chevalier Burkhard de Gueberschwihr, fondateur de l’abbaye de Marbach. Haut de 36 mètres, il possède un toit en bâtière typiquement alsacien.

Gueberschwihr a dû être doté assez tôt d’un lieu de culte chrétien, c’est ce que suggère l’antiquité du cimetière établi autour de l’ancienne Eglise romane et qui recèle des sarcophages de l’époque mérovingienne et franque.

ocms_1320621934791Comme 1er patron apparaît St Himere, 1er abbé selon la tradition de Sigismundzell. L’église romane du 1er tiers du 12e siècle lui était consacrée.
Mais vers le milieu du 14e siècle à l’époque de la grande peste, Saint Pantaléon médecin et martyr du 4e siècle apparaît comme second patron.
En 1394, la nouvelle grande cloche lui sera dédiée. Déjà avant la Révolution, St Himère est passé au second rang et l’église actuelle est dédiée uniquement à St Pantaléon.

Dès le début, l’église de Gueberschwihr fut richement dotée. Elle possédait avant la Révolution près de 4 ha de vignes. Le droit de présentation et de nomination des curés au bénéfice de la paroisse (collation) appartenait aux évêques de Bâle.

De nombreuses maisons religieuses étaient possessionnées à Gueberschwihr : les Chevaliers de l’Ordre Teutonique, de la Commanderie de Beuggen près de Bâle, les Dominicaines d’Unterlinden, les Clarisses de Bâle, les Antonites d’Issenheim, les Dominicaines de Guebwiller, Klingenthal (Bâle), Marbach, les évêques de Bâle et de Strasbourg avec leur chapitre et d’autres encore. La plupart d’entre elles avaient une cour dîmière.

À la fin du 18e siècle, l’ancienne église romane s’avérait trop petite par suite de l’accroissement de la population.

ocms_1320621980369Ce n’est qu’en 1835 que les travaux d’agrandissement commencèrent sous la direction de l’architecte Petin de Kientzheim.
Le résultat en fut lamentable : la crypte sous le chœur fut comblée, le chœur reporté à 8 mètres plus loin, les bas-côtés furent démolis et reconstruits dans l’alignement des transepts.
La nouvelle construction mal bâtie montra bientôt de dangereuses lézardes.
Dès 1863 une expertise ordonnée par la préfecture conclut la démolition nécessaire de tout l’édifice, le clocher excepté.

Ce ne fut qu’après la guerre de 1870 que les plans de l’architecte Chacre purent être réalisés (1874/1878).
La nouvelle nef romane accolée à l’antique clocher formant campanile, ne fait pas mauvaise figure à côté de ce superbe témoin de l’art roman, classé monument historique depuis 1847.
L’architecte Winckler fit construire les contreforts du clocher en 1887.
La décoration de l’église fut confiée à Martin Feuerstein (Barr 1856/Munich 1931) artiste-peintre alors très en vogue.