Église Saint Martin


ocms_1320619600550XIe – XIIIe siècles

La paroisse faisait partie de l’évêché de Bâle, chapitre rural Citra Colles Ottonis.
Les origines de l’église, dédiée à St Martin, remontent à l’époque franque. La plus ancienne mention d’un curé en 1236, Lutfried, cité à nouveau en 1247 comme recteur. Hartun Munch, chanoine de Bâle, était titulaire de la paroisse en 1302 et Jean Munch de Landskron en 1346.
Le liber Marcarum de 1441 cite le curé, un vicaire et les chapelaines de la bienheureuse Vierge Marie, de la 1re messe de la Sainte Croix et de la Vierge du Schauenberg.

Le droit de collation appartenait en fief épiscopal aux nobles de Horbourg (1236), puis aux Reinach-Montreux. Les Reinach bénéficiaient de la dîme de Pfaffenheim qu’ils tenaient de la maison Wurtemberg jusqu’au 18e siècle
Une confrérie de la «RAYD» (secours mutuel), fondée en 1431 sous la protection de St Erasme a fonctionné jusqu’à l’époque contemporaine.

ocms_1320619642965Une chapelle de St Jean est signalée à l’église paroissiale en 1620. Une nouvelle cloche fut bénie en 1705 par l’évêque auxiliaire de Bâle, Haus. Depuis 1802, la paroisse fait partie du diocèse de Strasbourg, doyenné de Rouffach.
L’enquête de l’An XII (1804) signale à part le maître autel de St Martin un autel latéral de St Erasme avec pèlerinage le jour de la fête du Saint.
L’église était fortifiée.
L’enclos est bien visible sur un ancien plan de la fin du 16e siècle conservé aux archives municipales de Rouffach.

De l’ancienne église, seuls le chœur et la sacristie sont conservés. Ces éléments constituent un des plus beaux exemples de l’art roman finissant en Alsace. C’est le seul exemple dans le pays d’un chevet de polygonal d’époque romane.
La construction est très bien structurée et richement décorée de moulures sculptées soulignées par des frises à arcs brisés.
Une arcature aveugle à colonnettes couronne le tout. L’arc-boutant nord à passage rappelle ceux de l’église Notre-Dame de Rouffach.
Les contreforts qui s’arrêtent sous la galerie aveugle divisent le chevet à la verticale. Les faces latérales sont percées chacune d’une fenêtre simple en plein-cintre.
Vers l’est s’ouvre une magnifique baie moulurée avec décors à billes.
D’intéressants graffitis se trouvent sur tout le pourtour du chœur et témoignent de rites anciens.

ocms_1320619673576À l’intérieur, l’ancien avant chœur et le chœur sont voûtés d’ogives nervurées retombant sur des colonnes engagées à chapiteaux pour la plupart sans décors.
La sacristie qui comporte deux travées voûtées est très harmonieuse de proportions.
Le clocher primitif a bâtière a été démoli lors de la construction de la nouvelle église (1893) et remplacé par une flèche néo-gothique, elle-même détruite lors de la dernière guerre.
Clocher actuel (1973/1974), l’église moderne est orientée vers l’ouest.