Église Notre Dame de l’Assomption


XIIe-XIVe siècles

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Au Moyen Âge, Rouffach appartenait sur le plan spirituel, comme tout le Haut-Rhin, au Diocèse de Bâle. Par contre au temps temporel, elle fut jusqu’à la Révolution (1789) le centre administratif du Haut Mundat (ensemble des possessions temporelles haut-rhinoises des évêques de Strasbourg) qui comprenait les baillages de Rouffach, Soultz et Eguisheim. Son importance administrative explique son importante église dédiée, comme la cathédrale de Strasbourg, à Notre-Dame de l’Assomption.

En 1106, Henri V (futur empereur d’Allemagne) est de passage au château d’Isenbourg. Un de ses officiers s’empare d’une jeune fille. Les femmes de Rouffach la délivrent en prenant d’assaut le château. La légende attribue, bien à tort, à cet exploit le privilège qu’ont depuis les Rouffachoises, d’occuper le côté droit de l’Église.

Dès le 11e siècle, s’élevait une basilique dont le transept actuel avec ses hautes absidioles est un des spécimens les plus purs de l’art roman des empereurs germaniques saliens.

A la fin du 12e siècle, on voûte l’édifice. On érige des contreforts dont le style évoque ceux de Cluny ; la croisée surmontée d’une coupole sur trompes, fermée par une voûte à huit branches, dérive de celle de Bâle.

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Au milieu du 13e siècle fut érigée la tour centrale. Elle révèle d’une part l’influence bourguignonne par son clocher à huit pans avec sa haute flèche et, d’autre part, l’art allemand qui place des tours gothiques sur la croisée du transept.
Vers la fin du 13e siècle, l’ancien chœur roman fut agrandi en un chœur gothique à chevet pentagonal à la manière des ordres mendiants, (influence du couvent de Klingenthal de Bâle). On ajouta, côté nord, une sacristie transformée en chapelle au 20e siècle.

Au début du 14e siècle, on commença les travaux du massif occidental : la partie centrale et le 1er étage des deux tours. La rosace, inscrite dans un carré, imite celle du croisillon de Notre-Dame de Paris. C’est l’époque du célèbre maître d’œuvre Woelflin de Rouffach.

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Au 15e siècle, on érige la tour sud. En 1508, Maître Hans de St Gall remplace la voûte du croisillon sud du transept par une voûte étoilée et les fenêtres romanes par une grande fenêtre de style flamboyant.

De 1867 à 1872, l’architecte Mimey fit construire la tour nord en style néogothique, imitant l’architecture du 15e siècle de la tour sud. Ce fut une des meilleures réussites du style troubadour de Napoléon III. La guerre de 1870 interrompt l’achèvement de la tour sud.
Alors que tout l’édifice avait été construit en grès jaune de Rouffach, la dernière campagne utilise le grès rose de Phalsbourg.

Après 1918, une nouvelle sacristie est construite côté sud du chœur.